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CAS CLINIQUEGynécologie oncologique · Présentation de stage
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Présentation de cas clinique

Découverte d'un carcinome séreux ovarien de bas grade chez une patiente de 33 ans

initialement suivie pour une masse ovarienne présumée bénigne

Présenté parAtéa Farese
CadrePrésentation de stage
DateJuin 2026
Sommaire

Plan de la présentation

Partie 01 · Le cas clinique

  1. Introduction
  2. Anamnèse et symptomatologie
  3. Histoire de la maladie
  4. Laparoscopie exploratrice
  5. Résultats anatomopathologiques
  6. Bilan d'extension
  7. Profil moléculaire et génétique
  8. Stadification · décisions de la COM · fertilité

Partie 02 · Discussion

  1. Intérêt du cas
  2. Diagnostic différentiel d'une masse ovarienne
  3. Un diagnostic difficile
  4. Méthode diagnostique et score PCI
  5. Cancers ovariens et stadification FIGO
  6. Principes du traitement
  7. Fertilité chez la femme jeune
  8. Centres experts
  9. Dépistage : l'essai UKCTOCS · perspectives
  10. Messages clés
01
Partie 01

Le cas clinique

  • Anamnèse · symptomatologie · histoire de la maladie
  • Laparoscopie exploratrice et anatomopathologie
  • Bilan d'extension · profil moléculaire et génétique
  • Stadification · décisions de la COM · fertilité
Cas clinique

Introduction

Patiente de 33 ans présentant une masse ovarienne droite, suivie depuis deux ans comme une lésion présumée bénigne de type tératome mature.
L'exploration chirurgicale met finalement en évidence un carcinome séreux ovarien de bas grade avec carcinomatose péritonéale, de stade FIGO IIIB.

33 anspatiente jeune, nulligeste (G0P0)
2 ansde suivi pour une masse ovarienne droite présumée bénigne
LGSOCcarcinome séreux de bas grade, découvert en peropératoire
FIGO IIIBcarcinomatose péritonéale associée
Cas clinique

Anamnèse

Antécédents et mode de vie

  • Patiente de 33 ans, G0P0
  • Antécédents médicaux : /
  • Antécédents chirurgicaux : DDS
  • Allergies : / · Traitement habituel : /
  • Pas d'assuétude alcoolo-tabagique
  • Profession : professeure de sciences

Contexte endocrinien (anamnèse 2025)

  • Suspicion ancienne de SOPK : acné, peau grasse, hirsutisme
  • Suspicion endocrinologique devant un profil insulinorésistant antérieur
  • Perte pondérale d'environ 30 kg, obtenue notamment sous berbérine
  • Cycles menstruels redevenus réguliers depuis 2 à 3 ans
  • Plus de contraception hormonale depuis environ 8 ans
Cas clinique

Symptomatologie

Depuis environ deux ans, la patiente présente :

Douleurs gynécologiques

  • Dysménorrhées modérées à importantes (EVA 6-7/10), non associées à des ménorragies
  • Dyspareunie légère et inconstante

Symptômes digestifs

  • Ballonnements
  • Constipation
  • Épisodes occasionnels de coliques abdominales
Dans ce contexte douloureux chronique, une endométriose était initialement suspectée.
Cas clinique

Histoire de la maladie : une masse présumée bénigne

Patiente suivie depuis environ deux ans pour une masse ovarienne droite, initialement suspectée d'être un tératome mature bénin.

Mai 2025
IRM pelvienne
Kyste ovarien droit de 30 mm, sans composante graisseuse. Classé ORADS 3-4, sans caractère formellement malin.
Février 2026
Échographie pelvienne
Utérus sans anomalie majeure. Ovaire d'aspect compatible avec un SOPK. Kyste dermoïde ovarien droit de 35 × 25 mm.
2026
Prise en charge conservatrice
Essai d'inositol (Ovusitol®) dans le cadre d'un probable SOPK. Persistance de la masse ovarienne.
21 avril 2026
Laparoscopie
Laparoscopie avec kystectomie programmée devant la persistance de la masse.
Cas clinique

Laparoscopie exploratrice (21 avril 2026)

Utérus

Volume normal

Annexe droite

  • Ovaire augmenté de volume (~4 cm)
  • Lésions bourgeonnantes suspectes
  • Adhérences à la fossette ovarienne
  • Tissu blanchâtre associé

Annexe gauche

Sans particularité macroscopique

Découverte inattendue

Carcinomatose péritonéale diffuse avec multiples implants péritonéaux infra-centimétriques (< 0,5 cm) répartis :

  • au pelvis
  • dans les quadrants abdominaux supérieurs
  • au niveau des flancs
  • au grand épiploon
Cytologie péritonéale et biopsies ovariennes et péritonéales réalisées
Cas clinique

Résultats anatomopathologiques

Biopsie ovarienne

Formation tumorale papillaire et micropapillaire à différenciation séreuse, avec architecture végétante.

Biopsie péritonéale

Implants péritonéaux tumoraux associés à une réaction stromale et présence de psammomes (calcosphérites).

Cytologie péritonéale

Amas cellulaires néoplasiques tridimensionnels compatibles avec une atteinte carcinomateuse.

CONCLUSION HISTOLOGIQUE
Carcinome séreux ovarien de bas grade (Low Grade Serous Ovarian Carcinoma, LGSOC), selon la classification WHO
Architecture micropapillaire · greffes péritonéales · cytologie péritonéale positive
Cas clinique

Bilan d'extension : biologie et scanner

Marqueurs tumoraux CA-125 145 kU/L prélevé le 23/04/2026

CT thoraco-abdomino-pelvien (05/05/2026)

Thorax

  • Absence de métastase pulmonaire
  • Absence d'atteinte pleurale

Abdomen et pelvis

  • Fine lame d'ascite pelvienne
  • Infiltration discrète de la graisse péritonéale et du grand épiploon
  • Augmentation de taille des deux ovaires
  • Absence d'adénopathie rétro-péritonéale
  • Absence de métastase hépatique ou viscérale
L'imagerie est compatible avec une carcinose péritonéale de faible volume.
Cas clinique

Échographie pelvienne transvaginale (21/05/2026)

Utérus

  • 74 × 49 × 38 mm (volume 72,1 cm³), antéversé antéfléchi, contours réguliers
  • Myomètre hétérogène avec épaississement asymétrique : adénomyose associée
  • Endomètre fin, régulier et homogène (6,7 mm) · col normal · pas de fibrome

Ovaire droit

  • Taille augmentée : 52 × 35 × 39 mm (volume 37,2 cm³)
  • Masse annexielle solide, irrégulière, hétérogène, associée à une ascite
  • Doppler : color score II, vascularisation faible

Ovaire gauche

  • 32 × 26 × 23 mm (volume 9,7 cm³), morphologie globalement conservée
  • Lésion uniloculaire de 21 × 20 × 19 mm, composante solide d'environ 19 mm
  • Color score I, sans végétations papillaires · allure indéterminée (caillot vs lésion borderline) : surveillance rapprochée

Cul-de-sac de Douglas

  • Épanchement liquidien libre d'environ 32 × 42 × 22 mm
  • Volume estimé : 15,5 mL
Conclusion : suivi échographique de l'ovaire gauche à un mois · prise en charge chirurgicale programmée
Cas clinique

Profil moléculaire et génétique tumorale

Variant pathogène probable

MUTYH c.452A>G,
p.(Tyr151Cys)

Résultats à interpréter avec prudence :

  • test non adapté à l'analyse germinale
  • profondeur de couverture insuffisante

Le séquençage suggère également

  • une délétion potentielle de CDKN2A
  • une délétion potentielle de CDKN2B

Statut BRCA

Aucune mutation BRCA pathogène rapportée à ce stade.

Cas clinique

Stadification

CARCINOME SÉREUX OVARIEN DE BAS GRADE
FIGO IIIB
Stade clinique : cT3b Nx M0

Justification du stade

Présence d'implants péritonéaux macroscopiques extra-pelviens de taille inférieure à 2 cm.

État général

Performance status OMS : 0

Cas clinique

Concertation oncologique multidisciplinaire (COM)

Décisions retenues

  • IRM péritonéale complémentaire
  • Surveillance échographique de l'ovaire controlatéral
  • Chirurgie de cytoréduction planifiée

Stratégie chirurgicale à adapter à

  • L'atteinte de l'ovaire gauche
  • Une éventuelle atteinte utérine
  • La possibilité d'un traitement conservateur
Cas clinique

Un enjeu majeur : la fertilité

La patiente, âgée de 33 ans et nulligeste (G0P0), exprime un désir de grossesse.
Une préservation de la fertilité est discutée, avec conservation potentielle de l'utérus et de l'ovaire controlatéral, si l'absence d'atteinte invasive est confirmée.
02
Partie 02

Discussion

  • Intérêt du cas · diagnostic différentiel d'une masse ovarienne
  • Un diagnostic difficile · méthode diagnostique · score PCI
  • Cancers ovariens · stadification FIGO · principes du traitement
  • Fertilité chez la femme jeune · centres experts
  • Dépistage : l'essai UKCTOCS · perspectives d'avenir · messages clés
Discussion

Intérêt du cas

Ce cas illustre plusieurs difficultés fréquentes en pratique clinique :

01

Un cancer ovarien survenant chez une patiente jeune

02

Une symptomatologie longtemps aspécifique

03

Une confusion diagnostique initiale avec des pathologies bénignes fréquentes

04

Un diagnostic finalement posé à un stade déjà avancé, avec carcinomatose péritonéale

Le cancer de l'ovaire est une pathologie difficile à diagnostiquer précocement, même en présence d'un suivi radiologique.
Discussion · diagnostic différentiel

Masse annexielle chez la femme en âge de procréer

Étiologies à évoquer

  • Tumeurs bénignes : kyste fonctionnel, tératome mature
  • Pathologies endocrinologiques : syndrome des ovaires polykystiques (aspect multikystique)
  • Endométriome
  • Grossesse extra-utérine (GEU)
  • Maladie inflammatoire pelvienne
  • Plus rarement : tumeurs malignes épithéliales
  • Tumeurs ovariennes : borderline, cancer de l'ovaire, tumeur germinale (AFP, β-hCG, LDH)
À RETENIR

Chez la femme jeune, le bénin et le fonctionnel dominent.

Discussion · diagnostic différentiel

Masse annexielle chez la femme ménopausée

Étiologies à évoquer

  • Cystadénome séreux, cystadénome mucineux
  • Fibrome ovarien
  • Cancer de l'ovaire (beaucoup plus probable qu'avant la ménopause)
  • Cancer de la trompe de Fallope
  • Cancer péritonéal primitif
  • Métastases ovariennes (digestives, sein)
  • Endométriome persistant après la ménopause : suspicion de transformation maligne
  • Un « kyste simple » persistant mérite une surveillance stricte
À RETENIR

Après la ménopause, une masse annexielle est un cancer jusqu'à preuve du contraire.

Chez la femme jeune, le bénin domine ; après la ménopause, il faut d'abord exclure une malignité.

Discussion

Un diagnostic difficile : une pathologie « silencieuse »

Des symptômes non spécifiques

  • Douleurs pelviennes
  • Troubles digestifs (ballonnements, constipation)
  • Dyspareunie
  • Fatigue ou gêne abdominale

Souvent attribués à des pathologies bénignes : endométriose, troubles fonctionnels digestifs.

Une imagerie parfois trompeuse

  • Certaines tumeurs ont un aspect peu agressif
  • Les scores de risque (IOTA, ORADS) peuvent être faussement rassurants : similitude entre lésions bénignes et malignes à l'échographie
  • Les tumeurs de bas grade évoluent souvent lentement
Discussion

Méthode diagnostique du cancer de l'ovaire

1 · Clinique

  • Masse pelvienne
  • Ascite
  • Symptômes digestifs inexpliqués

2 · Imagerie

  • Échographie transvaginale : examen de première intention
  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien : bilan d'extension
  • IRM : caractérisation des masses complexes

3 · Biologie

  • CA-125 : ni spécifique, ni suffisant pour le diagnostic
  • À interpréter dans un contexte clinique
  • Utile pour évaluer la réponse au traitement

4 · Laparoscopie exploratrice

  • Permet la stadification FIGO
  • Évalue l'opérabilité via le score PCI
À discuter :  quelle place pour le PET scan ? Surtout utile pour détecter une récidive, plus que pour le bilan d'extension ?
Discussion

Évaluation de l'opérabilité : le score PCI

L'abdomen est divisé en 9 quadrants ; un score de 0 à 3 est attribué à chacun :

0Pas de tumeur
1Tumeur < 0,5 cm
2Tumeur de 0,5 à 5 cm
3Tumeur > 5 cm ou métastases confluentes (taille cumulée > 5 cm)
PCI < 20Chirurgie
PCI > 20Chimiothérapie néoadjuvante
Discussion

Les cancers ovariens : rappel

Types histologiques

  • Les cancers ovariens sont majoritairement des tumeurs épithéliales
  • Les plus fréquents : les carcinomes séreux
  • Parmi ceux-ci, la majorité sont des formes de haut grade, très agressives

Les formes de bas grade (comme dans ce cas)

  • Plus rares
  • D'évolution plus lente
  • Mais souvent diagnostiquées à un stade avancé également
Discussion

Stadification FIGO du cancer de l'ovaire

Stade ILimité aux ovaires
  • IA : un seul ovaire, capsule intacte, pas d'ascite maligne
  • IB : les deux ovaires, capsules intactes
  • IC : tumeur limitée aux ovaires avec facteur de risque :
  • IC1 : rupture per-opératoire
  • IC2 : rupture spontanée ou atteinte de la surface ovarienne
  • IC3 : cellules malignes dans l'ascite ou le lavage péritonéal
Stade IIExtension pelvienne (petit bassin)
  • IIA : extension à l'utérus et/ou aux trompes
  • IIB : extension à d'autres organes pelviens (vessie, rectum), sans dépasser le pelvis
Stade IIIExtension péritonéale ou ganglionnaire, au-delà du pelvis
  • IIIA1 : ganglions rétro-péritonéaux positifs
  • IIIA1(i) ≤ 10 mm · IIIA1(ii) > 10 mm
  • IIIA2 : atteinte microscopique péritonéale extra-pelvienne
  • IIIB : implants péritonéaux ≤ 2 cmNotre patiente
  • IIIC : implants > 2 cm et/ou atteinte de la capsule hépatique ou splénique
Stade IVMétastases à distance (extra-abdominales)
  • IVA : épanchement pleural avec cellules malignes
  • IVB : métastases à distance : foie, poumon, cerveau, ganglions extra-abdominaux
I = ovaire · II = pelvis · III = péritoine / ganglions · IV = à distance  ·  Le stade FIGO conditionne la prise en charge.
Discussion

Principes du traitement

1 · Chirurgie : le traitement standard

Objectif : une cytoréduction maximale

  • Exérèse de la tumeur ovarienne
  • Résection des implants péritonéaux
  • Omentectomie selon l'extension
Facteur pronostique majeur : la qualité de la cytoréduction.

2 · Traitement systémique

Il dépend du type histologique.

Dans les carcinomes séreux de bas grade :

  • Chimiothérapie moins efficace que dans les formes de haut grade
  • +/- hormonothérapie
Discussion

Fertilité et prise en charge chez la femme jeune

Chez une patiente jeune, la question de la fertilité est centrale. Deux stratégies peuvent être discutées selon le stade :

Chirurgie radicaleLe standard oncologique
Chirurgie conservatricePour des situations bien spécifiques

La décision dépend de :

l'extension tumorale

l'atteinte ovarienne controlatérale

le souhait de grossesse

Une décision multidisciplinaire
Discussion

L'importance des centres experts

CENTRES EXPERTS

Une prise en charge en centre de référence en oncologie

(centre de type Institut Bordet)

ICSO · Infirmiers Coordinateurs de Soins en Oncologie

Leur mission auprès des patientes :

  • Les accompagner
  • Les informer
  • Organiser, avec leurs médecins et les secrétaires de référence, leur parcours de soins
Discussion · Dépistage

Dépistage : l'essai UKCTOCS (Lancet 2021)

« Ovarian cancer population screening and mortality after long-term follow-up in the UK Collaborative Trial of Ovarian Cancer Screening (UKCTOCS): a randomised controlled trial »

Menon U, Gentry-Maharaj A, Burnell M, et al. The Lancet. 2021;397(10290):2182-2193.

L'un des plus grands essais randomisés évaluant le dépistage du cancer ovarien en population générale. Objectif : déterminer si un programme de dépistage diminue la mortalité liée au cancer de l'ovaire chez des femmes asymptomatiques, à risque moyen.

200 000+ femmes ménopausées incluses entre 2001 et 2005
50 à 74 ans âge à l'inclusion, réparties au hasard en trois groupes
16 ans de suivi médian : une grande robustesse temporelle

1 · Groupe contrôle

Absence de dépistage.

2 · Groupe échographie

Échographie transvaginale annuelle.

3 · Groupe multimodal

Dosage annuel du CA-125 interprété par l'algorithme de risque ROCA (Risk of Ovarian Cancer Algorithm), puis échographie ciblée si nécessaire.

L'idée : un algorithme dynamique basé sur l'évolution du CA-125 pourrait être plus performant qu'un seuil fixe, le CA-125 seul manquant de sensibilité et de spécificité.

Discussion · Dépistage

UKCTOCS : résultats

Le dépistage a permis de diagnostiquer davantage de cancers à un stade plus précoce, en particulier dans le groupe multimodal utilisant le CA-125 avec l'algorithme ROCA.

Cependant, malgré ce diagnostic plus précoce, aucune diminution statistiquement significative de la mortalité spécifique par cancer ovarien n'a été démontrée après le suivi prolongé.

→ Détecter plus tôt ne s'est pas traduit par une amélioration démontrée de la survie.

C'est ce résultat majeur qui explique pourquoi le dépistage systématique du cancer ovarien n'est pas recommandé en population générale asymptomatique.
Discussion · Dépistage

UKCTOCS : forces et limites

Forces de l'étude

  • Taille de l'échantillon : 200 000 femmes
  • Essai randomisé : diminue les biais de sélection
  • Long suivi (médiane d'environ 16 ans)

Limites de l'étude

  • Population spécifique (femmes ménopausées de 50 à 74 ans) : résultats non extrapolables aux femmes jeunes ou à haut risque génétique (BRCA)
  • Surdiagnostic et traitements inutiles
  • Impact psychologique et médical des faux positifs
  • Biais d'adhérence au suivi des patientes
Diagnostiquer un cancer plus tôt peut donner une impression de survie plus longue alors que la date réelle du décès ne change pas : c'est pourquoi l'étude a choisi comme critère principal la mortalité, et non la survie.
Discussion · Dépistage

Quid du dépistage aujourd'hui ?

Pourquoi le dépistage échoue

  • Le carcinome séreux évolue rapidement
  • Il donne peu de symptômes spécifiques
  • Il peut passer d'un aspect normal à une carcinomatose en quelques mois
  • Le CA-125 est peu performant

Même avec une échographie annuelle, des patientes développent un cancer agressif entre deux dépistages.

Perspective : mieux cibler les femmes à haut risque

  • Mutation BRCA1 / BRCA2
  • Antécédents familiaux importants
  • Syndrome de Lynch

Chez ces patientes : surveillance rapprochée, consultation oncogénétique, parfois chirurgie prophylactique.

Discussion · Dépistage

Perspectives : biomarqueurs sanguins et biopsie liquide

Biomarqueurs et outils diagnostiques non validés pour le dépistage : le futur repose probablement sur des biomarqueurs plus performants que le CA-125.

Biomarqueurs à l'étude

  • HE4 (Human Epididymis Protein 4) : plus spécifique que le CA-125 dans certains cas
  • Panels multi-marqueurs : CA-125, HE4, ADN tumoral circulant, protéines inflammatoires

Biopsies liquides (ctDNA)

Actuellement utilisées en oncologie surtout pour :

  • le suivi de la réponse au traitement
  • la détection de maladie résiduelle minimale
  • la surveillance des récidives

En dépistage : utilisation expérimentale et non validée (sensibilité insuffisante pour détecter les stades précoces).

Principe : détecter dans le sang des fragments tumoraux (ctDNA, mutations tumorales, signatures moléculaires) avant l'apparition clinique du cancer, pour le diagnostiquer avant qu'il ne soit visible à l'imagerie.

Discussion · Dépistage

Perspectives : intelligence artificielle et origine tubaire

Intelligence artificielle + imagerie

L'IA pourrait aider à reconnaître :

  • des masses ovariennes suspectes
  • des modifications très précoces
  • des profils échographiques invisibles à l'œil humain

Cela pourrait améliorer les scores type IOTA / ORADS.

Comprendre l'origine tubaire du cancer

Changement majeur en recherche : beaucoup de carcinomes séreux de haut grade ne viennent pas de l'ovaire lui-même mais des trompes, via des lésions précancéreuses appelées STIC (serous tubal intraepithelial carcinoma).

Conséquence pratique chez certaines femmes à haut risque : salpingectomie prophylactique précoce, puis ovariectomie plus tardive.

À l'heure actuelle, aucun dépistage efficace n'existe en population générale : les perspectives reposent sur une médecine personnalisée (stratification du risque, biomarqueurs moléculaires, biopsie liquide, IA) plutôt qu'un dépistage universel.
Conclusion

Messages clés

1

Une masse annexielle d'allure bénigne chez une femme jeune peut révéler un carcinome séreux de bas grade.

2

Symptômes aspécifiques et imagerie parfois faussement rassurante : un vrai piège diagnostique.

3

La laparoscopie exploratrice est déterminante : diagnostic, stadification FIGO, opérabilité (score PCI).

4

Le stade FIGO conditionne la prise en charge ; la qualité de la cytoréduction est le facteur pronostique majeur.

5

Chez la femme jeune, la fertilité est au cœur de la décision : concertation multidisciplinaire en centre expert.

6

Aucun dépistage n'est recommandé en population générale asymptomatique (UKCTOCS) : l'avenir repose sur une médecine personnalisée.

Merci de votre attention

Questions et discussion

Atéa Farese · Présentation de cas clinique · Juin 2026
FARESE Atéa · Cas clinique · Juin 2026
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